RENFORCER LA RÉSILIENCE FACE À L’INCERTITUDE

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RENFORCER LA RÉSILIENCE FACE À L’INCERTITUDE

L’approche multidimensionnelle de l’IDA pour la préparation aux crises sauve des vies

« En ne vous préparant pas, vous vous préparez à échouer. »

Benjamin Franklin

Plus de 400 catastrophes naturelles se produisent chaque année dans le monde et mettent en danger des millions de personnes, en particulier celles qui vivent dans les pays soutenus par l’Association internationale de développement (IDA). En 2023, ces désastres ont coûté la vie à 74 000 personnes dans le monde et entraîné des pertes estimées à pas moins de 250 milliards de dollars. De violentes tempêtes régionales ont été à l’origine de 76 % des pertes économiques. En outre, les dérèglements actuels du climat devraient déclencher des phénomènes météorologiques encore plus destructeurs dans les régions côtières, partout dans le monde, ce qui souligne l’urgence de la situation.

La définition de « catastrophe » n’est pas si simple, car il en existe de multiples versions officielles. Le dictionnaire Français Larousse la définit comme « déchaînement subit des forces de la nature entraînant des victimes et d’importants dégâts (par exemple tempête, inondation, séisme, éruption volcanique, avalanche, …). » 

Les catastrophes peuvent être naturelles (tremblements de terre, éruptions volcaniques, ouragans, inondations) ou d’origine humaine (guerres, changement climatique, accidents). Mais si l’on s’y prépare, les risques naturels n’entraînent pas nécessairement des conséquences catastrophiques.

Investir pour limiter les dégâts

La résilience remarquable du Mozambique face au cyclone Freddy reflète de façon convaincante la mise en œuvre des enseignements tirés après le passage du cyclone Idai en 2019. Le 5 février 2023, une perturbation météorologique mineure au large des côtes du nord-ouest de l’Australie s’est transformée en tempête tropicale d’une longévité record, le cyclone Freddy. Il a parcouru 8 000 kilomètres dans l’océan Indien et a frappé le sud du Mozambique près de trois semaines plus tard.

Le 24 février 2023, Avelino Binda, un pêcheur d’Inhambane, une province méridionale du Mozambique, s’apprêtait à partir en mer comme d’habitude lorsqu’il a reçu une alerte l’avertissant de l’approche d’une tempête.

Le souvenir des ravages du cyclone Idai (a) était encore dans toutes les mémoires. Avec l’aide de l’IDA, le Mozambique avait mis au point un nouveau système d’alerte précoce (a) pour détecter et minimiser les risques potentiels, de manière à agir rapidement et à sauver des vies. C’est ce système qui a permis à Avelino et à d’autres communautés de se préparer et de se mettre rapidement à l’abri.

De la réaction à la résilience

Le 11 mars 2023, le cyclone Freddy s’est renforcé et a de nouveau frappé le Mozambique et le Malawi, entraînant des inondations dévastatrices à la suite des fortes pluies et des ondes de tempête qui ont balayé les côtes. Malheureusement, Freddy a fait plus de 1 000 morts et déplacé des centaines de milliers de personnes au Malawi. L’IDA a réorienté ses financements vers l’aide d’urgence, puis une évaluation des besoins après la catastrophe a permis d’estimer les dommages à 600 millions de dollars et à 700 millions de dollars les besoins en matière de reconstruction. Dans une perspective à long terme, l’IDA prépare un programme global de réponse aux crises et de résilience (a) afin d’aider le Malawi à accélérer des travaux essentiels dans les zones dévastées.

La vulnérabilité de l’Afrique aux risques de catastrophes*

Le continent africain est le plus vulnérable aux risques de catastrophes. Entre 2015 et 2022, il a connu plus de 700 catastrophes qui ont touché plus de 80 millions de personnes et en ont tué plus de 66 000. Les sécheresses, les cyclones et les inondations ont affecté encore davantage de personnes et compromis le développement économique.

Dans le monde si incertain d’aujourd’hui, où les populations sont menacées par des évènements climatiques extrêmes, des pandémies, des conflits et des violences — en particulier dans de nombreux pays IDA —, il est primordial de se préparer aux crises.

L’IDA considère la préparation aux crises comme une priorité de l’action publique, l’objectif étant que les pays appréhendent mieux les risques de crise essentiels et qu’ils renforcent leur capacité à gérer différents types de chocs. À cette fin, l’IDA dispose de toute une série d’outils pour aider les pays à gérer ces risques. Cette panoplie s’applique à diverses crises, à différents stades de l’émergence du risque, depuis le renforcement de la résilience en amont jusqu’aux interventions postérieures à l’évènement.

L’IDA s’appuie notamment sur un outil important, le Mécanisme de réponse aux crises (CRW), qui procure en urgence des ressources additionnelles aux pays IDA pour faire face aux impacts des catastrophes naturelles graves, des urgences de santé publique et des crises économiques. L’IDA utilise également son dispositif de financement précoce (ERF) (a) afin de mieux gérer des évènements mineurs susceptibles de se transformer en crises majeures, mais qui n’en sont encore qu’à leurs débuts. Ce financement apporte un soutien immédiat et favorise la résilience, un aspect essentiel de la gestion à long terme des catastrophes.

Bien qu’il soit impossible de prévenir toutes les crises, l’IDA adopte une approche globale et multisectorielle pour renforcer les systèmes et les institutions.

Des instruments spécifiques aux crises, tels que l’option de tirage différé pour les risques liés aux catastrophes (CAT-DDO) (a), encouragent les discussions avec les gouvernements et les réformes en faveur de la résilience. L’IDA alloue aussi à la réponse aux crises des fonds de projets non utilisés, par l’intermédiaire des composantes d’intervention d’urgence conditionnelles (CERC) (a). Tous ces outils sont des modes de financement préétablis auxquels les pays peuvent accéder rapidement en cas de catastrophe.

Une nouvelle panoplie encore plus complète

La Banque mondiale, en tant que partenaire fidèle et déterminé, soutient activement les efforts des pays IDA grâce à une gamme élargie d’instruments de préparation et de réponse aux crises. Cette nouvelle boîte à outils est une solution robuste et globale conçue pour répondre aux divers défis de la gestion de crise, qui offre des garanties d’efficacité et inspire confiance. Elle implique une planification méticuleuse pour se préparer aux répercussions socioéconomiques potentielles des crises, prévoir un accès rapide aux ressources et atténuer les impacts budgétaires à long terme.

Cette nouvelle panoplie, complète et polyvalente, englobe plusieurs éléments conçus pour renforcer la préparation aux crises :


  • Elle permet aux pays de reporter temporairement le remboursement de leur dette pour se concentrer sur des questions essentielles, plutôt que de se préoccuper de leurs obligations financières.
  • Elle autorise la réaffectation rapide des ressources aux interventions d’urgence, afin que les fonds soient immédiatement accessibles. Elle aide aussi les gouvernements à mettre en place des systèmes d’anticipation des situations d’urgence pour qu’ils soient prêts à réagir sans délai.
  • Elle met en place de nouveaux types d’assurance pour soutenir les projets de développement et, ainsi, faciliter un rétablissement et une reprise rapides des activités.
  • Elle offre une assurance renforcée contre les catastrophes pour fournir des ressources sans alourdir la dette.

Analyser les failles de la préparation aux crises

Même si de nombreux pays IDA se montrent proactifs pour améliorer leur préparation à la gestion de crises complexes, des progrès supplémentaires sont nécessaires. Dans le cadre de sa nouvelle panoplie d’instruments, la Banque mondiale s’est dotée d’un outil avancé de diagnostic qui évalue les lacunes et les faiblesses des systèmes nationaux afin de trouver des moyens d’améliorer la préparation aux crises, sur la base d’un dialogue global sur la gestion des risques et la résilience. Cette « analyse des lacunes dans la préparation aux crises » (ou CPGA selon son acronyme en anglais) (a) a été développée pour soutenir la mise en œuvre des engagements stratégiques d’IDA-20 (a) dans ce domaine.

La CPGA s’articule autour de cinq composantes.

L’évaluation CPGA est globale : elle couvre à la fois les aspects intersectoriels de la préparation, pertinents pour tout type de chocs (comme la capacité à déployer un soutien aux ménages vulnérables au moyen d’une protection sociale adaptative [a]), et les aspects spécifiques au choc tels que les capacités de veille sanitaire ou les systèmes d’alerte précoce en cas de catastrophe naturelle. Cette approche approfondie garantit qu’aucun aspect de la préparation aux crises n’est négligé.

Composantes de la préparation aux crises selon la CPGA
CADRE LÉGAL ET INSTITUTIONNEL
COMPRÉHENSION ET SURVEILLANCE DES RISQUES
PRÉPARATION FINANCIÈRE
RÉPONSE IMMÉDIATE
SOUTIEN SOCIAL ET AUX MOYENS DE SUBSISTANCE

La CPGA dresse le profil de risque du pays, détecte les lacunes et formule des recommandations pratiques à l’intention des responsables politiques. Elle propose également une feuille de route pour la mise en œuvre de la préparation dans les secteurs concernés, permettant aux décideurs de prendre des mesures concrètes pour améliorer leur état de préparation.

Le Bangladesh est renommé pour sa gestion efficace des catastrophes naturelles. Depuis 1970, le pays a divisé par 100 le nombre de décès consécutifs aux cyclones. Il a mis en place des systèmes d’alerte précoce communautaires et des technologies sophistiquées pour les prévisions hydrométéorologiques. Avec le soutien de l’IDA, le Bangladesh a pu construire des abris anticyclones, renforcer les systèmes de polders, améliorer les systèmes d’alerte précoce et moderniser les digues (a).

Photo: Habibul Haque/World Bank

Le pays continue d’être menacé par des risques climatiques importants du fait de sa situation géographique (a) et il supporte chaque année environ un milliard de dollars de pertes rien qu’en raison des cyclones tropicaux. Cependant, beaucoup de progrès ont été accomplis et l’IDA continuera à soutenir le Bangladesh dans l’amélioration de la résilience grâce à des solutions innovantes (a).

Photo: Arne Hoel/World Bank

« Le changement climatique complique la vie des communautés vulnérables comme la mienne. Nous devrons redoubler d’efforts pour nous adapter. Mais à chaque fois que j’entends parler de la construction d’un nouvel abri ou de la réparation d’un autre, je me dis qu’il y a encore de l’espoir pour nos villages et nos familles. »

Hasina Begum
Directrice d’une école primaire à Barguna, au Bangladesh

Le monde est plus résistant aux catastrophes

Nombre de catastrophes naturelles recensées de 1900 à 2023
Il s’agit du nombre total de catastrophes naturelles recensées dans le monde par année. À noter que ces chiffres reflètent en grande partie l’augmentation du volume de données disponibles et ne doivent pas être utilisés pour évaluer le nombre total d’évènements.

Selon la base de données internationale sur les catastrophes EM-DAT (a) du Centre de recherche sur l’épidémiologie des catastrophes (CRED), le nombre d’évènements catastrophiques est passé de 124 en 1980 à 410 en 2023. Sous l’effet du changement climatique, le monde connaîtra des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus graves, tels que des cyclones tropicaux intenses qui entraîneront des inondations plus importantes dans les régions de faible altitude. (Il convient de préciser que l’augmentation du nombre de catastrophes recensées pourrait en partie découler de l’amélioration de la communication des données depuis les années 1970).

Moyenne décennale : Taux de mortalité dû aux catastrophes naturelles dans le monde
Les taux de mortalité correspondent au nombre de décès pour 100 000 personnes.

Grâce aux progrès des prévisions météorologiques et de la gestion des catastrophes, le nombre de décès annuels (a) a presque été divisé par trois. La mise en place de systèmes d’alerte précoce pour les inondations, les sécheresses, les vagues de chaleur et les tempêtes permettrait d’alerter la population sur le danger des conditions météorologiques, de fournir des informations sur la manière de minimiser les impacts imminents et, en fin de compte, de sauver des vies. Pourtant, dans les pays à faible revenu et les petits États insulaires en développement, une personne sur trois n’est toujours pas couverte par un tel système.


« Planifiez ce qui est difficile pendant que c’est facile ; faites ce qui est grand pendant que c’est infime ».

Sun Tzu


Protéger les populations grâce aux systèmes d’alerte précoce

Photo: Simone D. McCourtie/World Bank

Comment cela fonctionne-t-il au Mozambique ?

L’Institut national de météorologie (INAM) émet des alertes basées sur les images des satellites, des radars et sur les données du réseau d’observation. L’Institut de communication sociale (ICS) diffuse ensuite ces alertes par l’intermédiaire de son réseau de 70 radios locales et de membres de la communauté formés à cet effet. L’objectif est d’avertir les populations à risque et de les guider vers un lieu sûr avant que les évènements météorologiques extrêmes se produisent. L’IDA a activement encouragé la création et le renforcement de comités locaux de gestion des risques de catastrophe (a) dans toutes les localités à risque à l’échelle nationale.

Une étude de la Commission mondiale sur l’adaptation (a) a montré que les systèmes d’alerte précoce permettent de multiplier par dix le retour sur investissement. Il suffit d’être prévenu 24 heures à l’avance de l’arrivée d’une tempête ou d’une vague de chaleur pour réduire les dégâts de 30 %, et un investissement de 800 millions de dollars dans de tels systèmes dans les pays en développement pourrait éviter de perdre de 3 à 16 milliards de dollars par an.

Malgré les progrès réalisés, de nombreux pays IDA doivent encore combler des lacunes en matière de prévision et, plus important encore, de communication pour éviter les pires conséquences. Les progrès récents des modèles météorologiques basés sur l’intelligence artificielle permettent d’établir de manière peu onéreuse des projections climatiques à long terme et de prévoir les phénomènes météorologiques extrêmes. Toutefois, il ne suffit pas d’améliorer les prévisions : la communication des informations doit être efficace pour permettre aux personnes concernées de prendre les mesures nécessaires.

Reconstruire de manière résiliente, plus solide et plus rapide

Le 25 avril 2015, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,8 frappe le centre du Népal. Il est suivi, moins d’un mois plus tard, d’un nouveau séisme d’une magnitude de 7,3. Le bilan humain se chiffre à plus de 8 700 morts et environ 25 000 blessés.

Dans le cadre d’une intervention inédite, l’IDA a contribué à la reconstruction de 330 000 logements en appliquant une méthode centrée sur les occupants (a). Les propriétaires prenaient les décisions, mais devaient s’assurer que les maisons étaient conformes aux spécifications techniques. L’IDA a amélioré les pratiques de construction résiliente en formant des ingénieurs et des maçons népalais aux techniques antisismiques, comme elle l’avait fait après les tremblements de terre au Pakistan et en Haïti en 2005 et 2010, respectivement.

Photo: Laxmi Prasad Ngakhusi/World Bank

Photo: Nepal Country Office/World Bank

« La formation à la maçonnerie a changé ma vie. Non seulement cela m’a donné la chance d’acquérir de nouvelles compétences, mais aussi d’être utile à ma communauté. »Kamala B. K. est l’une des 149 femmes maçonnes itinérantes formées et qui travaillent dans les 14 districts les plus touchés par le séisme.

La crise climatique

Le changement climatique est inévitable et aucun pays n’est à l’abri de ses effets. Des preuves scientifiques accablantes montrent qu’il provoque des dommages environnementaux, des catastrophes naturelles plus fréquentes et des phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresses intenses, tempêtes, vagues de chaleur…), mais aussi des pénuries de nourriture et d’eau, des bouleversements économiques et une escalade potentielle des conflits. Les activités humaines sont la principale cause des récents dérèglements du climat, et la réponse de la nature crée un cycle qui s’auto-entretient.

Alors qu’ils ne contribuent qu’à hauteur de 4 % environ aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, les pays IDA sont les plus durement touchés. Selon une étude de la Banque mondiale, le changement climatique pourrait plonger 132 millions de personnes dans la pauvreté d’ici 2030 (a).

Pour l’IDA, la priorité est par conséquent de lutter contre le changement climatique et de promouvoir le développement en même temps, en s’attachant à renforcer la résilience et la création d’emplois dans une économie mondiale qui prend le virage de la transition écologique. L’impact du changement climatique est un immense défi, mais le soutien de l’IDA donne des résultats.

Par exemple, les petits pays insulaires du Pacifique (a), qui comptent plus de deux millions d’habitants répartis sur de nombreuses îles, sont particulièrement exposés à l’élévation du niveau de la mer et à de violentes tempêtes qui menacent de provoquer des déplacements de population, l’érosion du littoral et la destruction des barrières de protection naturelles. En première ligne, ces pays soulignent la nécessité de disposer d’infrastructures résilientes (routes, ponts, ports, etc.), qui sont essentielles pour l’accès à la santé, à l’éducation et aux opportunités économiques. 

Le programme de transport résilient au climat dans le Pacifique (a), soutenu par l’IDA, a permis de moderniser des infrastructures de transport vitales dans six pays. Il a rendu les communautés plus résilientes aux évènements météorologiques extrêmes et au changement climatique et, aujourd’hui, environ 380 000 habitants de ces pays bénéficient d’un meilleur accès aux services de transport.

L’IDA utilise divers instruments, dont l’option de tirage différé en cas de catastrophe (CAT-DDO), qui lui permet de mobiliser immédiatement des fonds en cas de catastrophe. Entre 2018 et 2022, 274 millions de dollars de CAT-DDO ont été accordés aux Fidji, au Samoa, aux Tonga, aux Tuvalu et à Vanuatu.

Sur l’île d’Eua, à l’est du Royaume des Tonga,le commerce d’Aloine a connu de sérieux problèmes quand le quai du port de l’île — essentiel pour la réception des marchandises — a été gravement endommagé, d’abord par une succession de tempêtes puis par un tsunami provoqué par l’éruption du volcan sous-marin Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai (a), en janvier 2022.

Dans les 24 heures suivant la réception de la demande d’aide du gouvernement, l’IDA a accordé un financement de 8 millions de dollars par l’intermédiaire d’une CAT-DDO pour répondre aux besoins immédiats des Tonga.  

Photo: Tom Perry/World Bank

« Quand le quai a été complètement détruit, les grands navires ne pouvaient plus accoster.Nous avons dû utiliser de petites embarcations pour transporter nos marchandises depuis le ferry. Non seulement c’était très difficile, mais c’était aussi très dangereux. »

Aloine Havea, île d’Eua, à l’est du Royaume des Tonga

Le quai et la plupart des installations ont été remis en état en 2022 avec l’aide de l’IDA (a) et du gouvernement tongien.

La question climatique dans un contexte d’instabilité politique

Les pays du G5 Sahel (a) — Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad — témoignent du cercle vicieux des conflits et du changement climatique. Dans la région, 78 % de la population dépend de l’agriculture, mais l’augmentation des températures comme les chocs climatiques ont un impact considérable sur les moyens de subsistance, obligeant les agriculteurs et les éleveurs à parcourir de plus grandes distances pour trouver des pâturages et de l’eau. L’instabilité politique a encore affaibli la capacité des communautés à s’adapter aux modifications du climat. En outre, les conflits déplacent une population vulnérable, l’exposant aux effets du changement climatique et créant un cycle destructeur.

Le saviez-vous ?

Dans le Sahel central, les températures augmentent 1,5 fois plus vite que dans le reste du monde et devraient passer de 35,6 à 39,7 °C d’ici 2080.

Certaines parties du centre du Niger connaissent des températures de 35 °C et plus pendant plus de 300 jours par an.

Le Niger perd chaque année entre 100 000 et 120 000 hectares de terres arables à cause de l’érosion des sols et de la désertification.

Au Burkina Faso, 2,2 millions de personnes sont confrontées à des niveaux sévères d’insécurité alimentaire. Plus de 20 000 personnes dans le nord-est du pays risquent quotidiennement de mourir de faim et de maladie.

Source: International Rescue Committee (IRC) (a)

L’IDA en action

Au Sahel, 75 % des éleveurs migrent chaque année à la recherche de pâturages et d’eau pour leurs troupeaux. Cependant, le changement climatique, l’insécurité croissante et l’accroissement démographique créent des tensions sur le partage de ressources naturelles qui s’amenuisent. Découvrez comment l’IDA travaille à l’amélioration de la santé animale, à la diversification des revenus des ménages et à la gestion des ressources et des conflits.

Suivez des familles d’éleveurs dans leur périple de plusieurs mois entre la Mauritanie et le Sénégal. Leur voyage éprouvant est un rappel brutal de l’impact du changement climatique sur leur mode de vie.

Climat et insécurité alimentaire

Le changement climatique et l’insécurité alimentaire sont intimement liés et constituent deux des défis les plus importants de notre époque en matière de développement. L’insécurité alimentaire mondiale est principalement due aux phénomènes climatiques tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les sécheresses. Cependant, le système alimentaire mondial contribue de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et à la perte de biodiversité. La production alimentaire, l’utilisation des terres, la chaîne d’approvisionnement et le gaspillage sont à l’origine de 25 à 33 % des émissions de GES dans le monde(a).


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