Depuis les années 1950, les populations de grenouilles, crapauds sont en déclin, entraînant une grave perte de biodiversité.
Les amphibiens (du grec amphíbios, “qui vit dans deux éléments”) est une classe de vertébrés regroupant trois ordres : les anoures (grenouilles, crapauds et rainettes), les urodèles (tritons, salamandres…) et les gymnophiones (des vertébrés amphibiens en forme de vers).
Les amphibiens sont menacés d’extinction
Les amphibiens sont considérés comme étant la classe de vertébrés la plus menacée. La dernière édition de la liste rouge mondiale, publiée en 2023, insiste sur le fait que 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 26% des mammifères sont menacés d’extinction à l’échelle mondiale. C’est aussi le cas pour 37% des requins et des raies, 33% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères.
Les amphibiens : petits mais importants
Les amphibiens sont très nombreux et divers. L’ordre des anoures est d’ailleurs l’un des cinq ordres de vertébrés les plus diversifiés. Dans certaines régions, la biomasse des amphibiens dépasse la biomasse combinée des oiseaux et mammifères. Parfois oubliés au profit d’autres animaux plus beaux et emblématiques, les amphibiens n’en restent pas moins des animaux essentiels à l’écosystème forestier.
Maillon-clé dans la chaîne alimentaire, les amphibiens sont des prédateurs primaires. Ils se nourrissent d’invertébrés et de petits vertébrés, régulant ainsi certaines populations. Ils sont eux-mêmes mangés par de plus gros prédateurs : renards, rapaces, hérons, couleuvres… Les poissons et oiseaux apprécient particulièrement les œufs et têtards, très nutritifs.
Or, si la chaîne alimentaire se casse, c’est tout l’équilibre de l’écosystème qui est en danger. Les amphibiens sont tout particulièrement fragiles, dépendant de deux milieux, terrestre et aquatique, ce qui augmente les risques auxquels ils s’exposent. Cela les rend donc particulièrement sensibles aux menaces qui touchent leur habitat ; ils sont d’ailleurs un excellent indicateur de la dégradation de l’environnement.
Les causes du déclin des amphibiens
D’une ampleur alarmante à travers le monde, le déclin des amphibiens est reconnu comme l’une des plus grandes menaces pour la biodiversité. Les causes de ce déclin sont aussi diverses que complexes, se combinant parfois pour amplifier les menaces. Celles-ci ont toutes une cause commune : les activités humaines.
Mares comblées, marais drainés et asséchés, berges artificialisées… Deux tiers des zones humides ont disparu au cours du siècle passé. Ce sont pourtant des milieux irremplaçables pour certaines espèces telles que les amphibiens, qui ne peuvent se reproduire sans un point d’eau.
Un autre milieu de prédilection des amphibiens, les forêts, a subi des dégradations, des destructions ou encore des fragmentations de territoires. Un accès coupé à un lieu de ponte, ou un accès meurtrier comme une route, peut mener au déclin de certaines populations.
En plus de cela, la toxicité a augmenté dans les milieux naturels à cause de polluants tels que les pesticides. L’introduction d’espèces invasives et l’émergence de nouvelles maladies représentent aussi des dangers importants pour les amphibiens. Enfin, les émissions de gaz à effets de serre, le dérèglement climatique et les risques qui y sont liés (sécheresses, augmentation des rayonnements ultraviolets…) multiplient la puissance des autres menaces.
Si ces dangers concernent la faune de manière générale, les amphibiens en souffrent plus que d’autres classes d’animaux. Leur mode de vie et de reproduction, ainsi que leurs caractéristiques physiques (notamment une peau fine et poreuse) les mettent tout particulièrement en danger.



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