
LES AMPHIBIENS
PROTECTION DES AMPHIBIENS

Pourquoi protéger les amphibiens?
En République Démocratique du Congo les amphibiens risquent de disparaître. Au monde la plupart des espèces sont inscrites sur la liste des animaux menacés. Il devient urgent d’adopter les mesures nécessaires pour éviter le déclin définitif de cette population. D’autant que les batraciens jouent un rôle indispensable dans l’écosystème.
Les amphibiens, des animaux vulnérables
Anciennement connus sous le nom de batraciens, les amphibiens sont des vertébrés tétrapodes qui sont étudiés par une science appelée batrachologie, sous-branche de l’herpétologie. Il existe à ce jour près de 7000 espèces connues qui se déclinent en plusieurs catégories parmi lesquelles figurent les urodèles (tritons, salamandres), les anoures (crapauds, grenouilles, rainettes, sonneurs, etc.) ainsi que les gymnophiones (cécilies ou apodes). 90% de la population sont des grenouilles qui regroupent à elles seules jusqu’à 5.000 espèces.
L’amphibien est très ancien puisqu’il existe depuis l’ère primaire (système de paléolithique).
Il a réussi à résister aux plus grandes extinctions majeures qu’a connues notre monde. Et pourtant, il est aujourd’hui plus que menacé. Son physique et sa constitution peuvent expliquer ce phénomène. Le batracien évolue en deux stades dont le premier est aquatique et le second est terrestre. Il devient alors très vulnérable aux changements environnementaux au sein de ces milieux. Mais ce n’est pas tout. Il a une peau nue délicate et perméable via laquelle il respire. Comme il est directement en contact avec l’extérieur, elle est impactée par la pollution.

Quelles sont les causes du déclin des amphibiens ?
Il existe une foule des raisons qui expliquent la baisse de la population des amphibiens. La première concerne la destruction des habitats naturels, la pression démographique, la modification et même le tarissement des cours d’eaux, la destruction ou la défragmentation des habitats naturels, la surexploitation pour l’alimentation humaine, l’introduction de prédateurs.

Les amphibiens doivent vivre autant sur terre qu’en eau. Or, aujourd’hui, la destruction des zones humides est une réalité. Sans compter que pour se reproduire, les animaux doivent faire une migration afin d’arriver jusque dans les zones humides.
Cependant, la disparition et la dégradation des habitats constituent la plus grande menace pour les amphibiens dans le monde, affectant près de 4000 espèces. Pour les grenouilles congolaises, la destruction de leur milieu naturel, soit par la déforestation, soit par la transformation de la forêt en terre agricole, en est la principale cause. Annuellement, la forêt perd plusieurs de sa superficie. Ces amphibiens, au cycle de vie complexe, sollicitent un habitat aquatique et un habitat terrestre car leur survie dépend des conditions d’humidité.
Autres menaces particulières pèsent sur ces organismes inféodés aux cours d’eau, elles affectent l’intégrité écologique de nombreuses rivières et des zones humides associées. En outre, la température moyenne dans le monde a augmenté. Ces espèces sont dites « indicatrices de changement climatique».
Lors de ce déplacement, ils traversent des routes où ils se font souvent écraser par les automobilistes. Parfois, ils font face à des obstacles comme des murs et n’atteignent pas les zones de ponte.
La pollution chimique constitue une autre problématique qui inquiète le monde scientifique. L’usage des engrais à base de nitrates, des insecticides et autres pesticides sont notamment pointés du doigt.
Par ailleurs, ces espèces font face à plusieurs maladies et parasites qui ont provoqué la mort massive d’individus. Une des maladies infectieuses les plus redoutées est la chytridiomycose, un champignon pathogène causant des lésions cutanées, des troubles neurologiques et une hyperkératose. Bien évidemment, le réchauffement climatique est aussi en cause dans cette extinction.
Pourquoi les protéger à tout prix ?
Si le déclin de la population des amphibiens inquiète, c’est parce que cet animal joue un rôle important dans l’écosystème. Il contribue entre autres au bon fonctionnement de la chaîne alimentaire en devenant une proie qui alimente de nombreuses espèces comme les serpents et les oiseaux et en intervenant dans la régulation de certains insectes qui sont source de maladies. On utilise aussi les amphibiens à titre de bio-indicateurs pour diagnostiquer la santé environnementale.
Les amphibiens présentent un intérêt tant sur le plan écologique et socioéconomique. Cependant, ils sont très sensibles à la qualité de leur milieu. Ils sont les indicateurs précurseurs de référence et révélateurs des modifications de température, précipitation, hygrométrie ainsi que de leurs habitats.

Voilà, ce qui nous exige un enjeu de conservation indispensable pour prévenir la disparition de ces derniers. Ils sont d’une part, un maillon de la chaine trophique, mais d’autre part leur sensibilité nous met en garde sur l’état de notre environnement.
Les Amphibiens du bassin du Congo demeurent un groupe parmi les moins étudiés. Pourtant, ils constituent des éléments symptomatiques de l’effondrement et du bio-indicateur de l’état de l’environnement.
La ville de Kinshasa, avec son réseau hydrographique dense, constitué de rivières autochtones et allogènes connait la disparition des zones humides, la pression d’une urbanisation galopante, la pollution des habitats terrestres et aquatiques, qui représentent une menace pour la biodiversité qui s’y trouve et particulièrement pour les Amphibiens.
ETUDE ENCOURS
Etude de la Structure des peuplements des Amphibiens de la Rivière Lukaya et dans le domaine du lac Ma vallée dans la commune de Mont Ngafula à Kinshasa/ RD Congo
Cependant les études sur ce groupe zoologique demeurent encore fragmentaires. L’objectif général de cette étude est de disposer des connaissances sur la diversité et l’écologie des peuplements de la batracofaune du bassin versant de la rivière Lukaya et le lac de Ma Vallée.
Les informations issues de cette étude pourront constituer une preuve de menace des Amphibiens en milieu naturel et pourront pousser à l’élaboration des projets d’élevage de ces derniers en captivité. Elles pourront permettre au décideur de prendre ou de renforcer les mesures de protection des écosystèmes.
Les Amphibiens Anoures étant méprisés à cause du crapaud commun, la connaissance de leur utilité est capitale afin que crédit leur soit accordé.

Il s’agit :
- Tout accompagnement pour cette étude est d’une importance capitale.
- De caractériser les facteurs abiotiques qui structurent les peuplements des Amphibiens dans ce hydrosystème ;
- D’apprécier la qualité de la Bande Riveraine et déterminer sa composition floristique et afin de relever l’influence de celle-ci sur la chimie de l’eau et sur la diversité taxonomique des Amphibiens ;
- D’inventorier la batracofaune qui peuplent ce bassin versant et enfin ;
- d’évaluer la diversité de ces peuplements.


