La République Démocratique du Congo abrite plus de 220 espèces d’amphibiens actuellement recensées.

Des forêts du Bassin du Congo aux montagnes de l’Est, cette diversité constitue un patrimoine naturel d’une valeur nationale et mondiale exceptionnelle.

Une Zone clé pour la biodiversité, ou KBA, est un territoire reconnu scientifiquement comme étant d’importance mondiale pour la survie d’espèces ou d’écosystèmes remarquables.

Cette reconnaissance permet d’orienter la recherche, les actions de conservation et les financements. Une KBA n’est toutefois pas automatiquement une aire protégée au sens juridique.

Au Sud-Kivu, les montagnes d’Itombwe sont reconnues comme une KBA mondiale confirmée. Ce massif abrite notamment plusieurs amphibiens menacés et à aire de répartition très restreinte, parmi lesquels Hyperolius leleupi, Chrysobatrachus cupreonitens, Xenopus itombwensis et Leptopelis anebos.

Un site de l’Alliance pour zéro extinction, ou site AZE, est un territoire qui représente le dernier refuge connu d’au moins une espèce classée En danger ou En danger critique d’extinction.

La disparition ou la destruction de ce refuge pourrait donc entraîner l’extinction mondiale de l’espèce concernée.

En Ituri, le plateau Lendu est reconnu à la fois comme une KBA mondiale et comme un site AZE. Il constitue notamment l’habitat du Xenopus lenduensis, une espèce classée En danger critique d’extinction (CR).

Ces reconnaissances internationales montrent l’urgence de renforcer les inventaires, la recherche scientifique, le suivi écologique et la protection communautaire de ces territoires.

CONEV RDC veut faire de ces amphibiens de véritables espèces emblématiques de la biodiversité congolaise.

DES AMPHIBIENS EMBLEMATIQUES POUR LA RDC

À l’image du bonobo, du gorille, de l’okapi et du léopard, devenus des symboles majeurs de la biodiversité congolaise, certaines espèces d’amphibiens peuvent également devenir des porte-drapeaux du patrimoine naturel de la RDC.

Leur petite taille ne diminue ni leur importance écologique ni l’urgence de leur protection.

Les faire connaître, c’est donner un visage aux zones humides et aux forêts menacées dont dépend leur survie.

Les amphibiens sont présents dans toutes les provinces de la République démocratique du Congo. Ils sont particulièrement abondants dans plusieurs régions, notamment le Kwilu, le Kwango, Haut Katanga, l'Equateur et Kinshasa, mais aussi dans les forêts, rivières, mares, marécages et zones humides de l’Équateur, de l’Ituri, du Sud-Kivu et d’autres provinces.

Les actions de CONEV RDC à Mont-Ngafula, Bikoro, au CREF de Mabali et à Kwilu-Ngongo illustrent cette diversité nationale.

Le Xénope du plateau Lendu et la Grenouille dorée d’Itombwe sont donc deux espèces emblématiques parmi une richesse amphibienne beaucoup plus vaste, encore insuffisamment inventoriée et protégée.

LE XENOPE DU PLATEAU LENDU

LA GRENOUILLES DOREE D'ITOMBWE

Le Xénope du plateau Lendu (Xenopus lenduensis) est une espèce endémique de la République démocratique du Congo, connue principalement du plateau Lendu, en Ituri.

La Liste rouge de l’UICN le classe En danger critique d’extinction (CR).

Sa présence renforce l’importance du plateau Lendu, reconnu comme Zone clé pour la biodiversité (KBA) et site de l’Alliance pour zéro extinction (AZE).

La protection de ses mares, ruisseaux et zones humides est essentielle à sa survie.

Le massif d’Itombwe, au Sud-Kivu, est une Zone clé pour la biodiversité (KBA) mondiale confirmée. Il couvre environ 5 718 km² et forme l’un des plus grands ensembles de forêts montagnardes du Rift Albertin, avec une succession remarquable de milieux allant des forêts de basse altitude aux habitats montagnards de très haute altitude.

Son sommet le plus élevé, le mont Mohi, atteint 3 475 mètres. La fiche KBA identifie plusieurs amphibiens d’importance mondiale dans ce massif.

La Grenouille dorée d’Itombwe (Chrysobatrachus cupreonitens) est une espèce endémique des hautes terres du massif d’Itombwe.

Elle vit principalement dans les prairies montagnardes, les mares temporaires, les marécages et les petits cours d’eau d’altitude.

Les observations disponibles la situent à partir d’environ 2 400 mètres.

Cette espèce présente un dimorphisme marqué : les mâles mesurent environ 19 à 24 millimètres, tandis que les femelles atteignent environ 27 à 34 millimètres.

Sa coloration verte et brune métallisée la rend particulièrement reconnaissable. La reproduction se déroule dans des points d’eau situés au sein des prairies et des marais d’altitude.

La Grenouille dorée d’Itombwe est classée En danger (EN) par l’UICN.

Les menaces signalées concernent notamment le pâturage, l’agriculture, l’exploitation minière, les feux de défrichement et la dégradation des zones humides.

Pour CONEV RDC, cette espèce constitue une porte d’entrée scientifique et pédagogique pour faire connaître les amphibiens endémiques de la RDC, soutenir les inventaires communautaires et défendre la protection effective des habitats d’altitude d’Itombwe.

AMPHIBIENS DE LA RDC: UN PATRIMOINE UNIQUE A CONNAITRE ET A PROTEGER

UN APPEL A LA COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE ET AUX PARTENAIRES

La connaissance des amphibiens congolais nécessite une coopération scientifique durable entre les organisations locales, les universités, les musées, les réseaux spécialisés et les institutions internationales.

CONEV RDC souhaite contribuer à cette dynamique en facilitant les inventaires de terrain dans les sites prioritaires, notamment à Itombwe et sur le plateau Lendu.

Les priorités comprennent la confirmation de la présence des espèces, la documentation de leur répartition, l’étude de leurs habitats de reproduction, le suivi des populations et l’identification des menaces.

Selon les moyens disponibles, les travaux pourront associer observations nocturnes, relevés acoustiques, recherche des pontes et des têtards, analyses génétiques ou autres méthodes validées par les partenaires scientifiques.

CONEV RDC souhaite également établir des protocoles communs de collecte et de partage des données : photographies vérifiables, enregistrements acoustiques, fiches d’observation, données écologiques, références des spécimens et coordonnées géographiques protégées.

Les informations sensibles sur les espèces rares et leurs sites de reproduction ne seront pas diffusées publiquement sans précaution ; les cartes destinées au public pourront être généralisées afin de limiter les risques de dérangement, de capture ou de prélèvement.

Cette coopération doit aussi renforcer les compétences congolaises grâce à la formation de jeunes chercheurs, de techniciens et des membres des Brigades de Conservation des Amphibiens (BCA).

Elle pourra aboutir à des rapports scientifiques, des publications conjointes, des mises à jour de la Liste rouge de l’UICN, des propositions de conservation pour les KBA et les sites AZE, ainsi qu’à des actions de restauration et de suivi menées avec les communautés locales.

CONEV RDC invite les partenaires intéressés à construire avec les acteurs congolais des programmes fondés sur la rigueur scientifique, le partage des résultats, la reconnaissance des compétences locales et la protection concrète des habitats.